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Ecoute

Publié le par lignesdesuite.over-blog.com

Ecoute plus souvent

Les choses que les êtres,

La voix du feu s'entend,

Entends la voix de l'eau.

Ecoute dans le vent

Le buisson en sanglot :

C'est le souffle des ancêtres.

Il redit chaque jour le pacte,

Le grand pacte qui lie,

Qui lie à la loi notre sort ;

Aux actes des souffles plus forts

Le sort de nos morts qui ne sont pas morts ;

Le lourd pacte qui nous lie à la vie,

La lourde loi qui nous lie aux actes

Des souffles qui se meurent.

Extrait d'un poème (1960) de Birago Diop, poète sénégalais (1906-1989)

Crépuscule

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Un abîme étrange et familier

s'installe aux prémices de l'instant

que la nuit offre

aux songes hésitants.

Elision

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La lente élision d'une lueur,

la ligne gracile d'un élan enfantin

qui caresse les songes,

disciples du soir.

Parole amie

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" J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexplicable. Je fixais des vertiges." A.Rimbaud

Quel beau roman !

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Je viens juste de le terminer. Quel roman ! Tout est juste : le thème, le propos, les personnages, le regard sur les personnages, la relation au lecteur. Et l'écriture,quelle écriture ! Une maîtrise de l'art d'écrire : la langue coule d'elle même, au plus près de la réalité au point d'en capter toutes les finesses, les troubles, les plus infimes nuances. Cela implique l'absence de toute auto-admiration de la part de l'auteur, chaque mot, chaque élément de phrase est mis au service de la richesse du texte et de son propos. C'est une histoire forte. Elle touche au cœur du lecteur, l'agrippe, lui offre une séquence de vie qui le secoue au risque de le laisser un peu "mieux" humain après.

Ce roman s'appelle "L'intérêt de l'enfant" (Gallimard) , l'auteur est Ian Mc Ewan.

Ian Mc Ewan est un écrivain anglais, certes bien connu déjà d'un large public, mais il se peut que tout le monde ne l'ait pas repéré. Si c'est le cas : "allez-y , foncez". Ne résistez pas à quelques-uns de ces précédents romans, je recommande tout particulièrement "Expiation" (puissant, dévastateur) et "Sur la plage de Chesil" (un bijou). Il en a écrit plusieurs autres, j'en ai lu sept d'entre eux, il n'y a aucun déchet.

Alors, voilà , de toute urgence : arrêtez tout, installez-vous bien et dégustez moi ça.

Mélancolies

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Silhouettes des heures

aux lueurs rebelles.

Douceur fugitive,

recoin des mélancolies.

Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.

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Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.
Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.

Ma première expérience physique d'une oeuvre de Tadashi Kawamata s'est produite dans la parc du château de Chaumont-sur-Loire.

Je me trouvais au milieu de ce parc et j'ai été attiré par un bouquet d'arbres, de cèdres centenaires plus précisément. L'ombre de ces géants invitait à une pause. Je me suis approché. Et j'ai découvert au pied de ces arbres un agencement, un emboîtement de planchers en bois légèrement surélevés par rapport au sol. Les surfaces rigoureusement plates et lisses créaient un espace bien délimité mais entièrement ouvert.

     Il n'y avait qu'à se tenir là. Assis sur ce sol ou debout. Que faire d'autre alors que de contempler ces géants qui m'offraient l'hospitalité ? Au loin je pouvais apercevoir les formes plus ou moins masquées du château, d'autres bouquets d'arbres, des silhouettes déambulant dans le domaine, des oeuvres d'art implantées là. Mon assise me faisait spectateur privilégié.

Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.
Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.

         Au bout d'un certain temps, mon attention s'est attachée aux arbres eux-mêmes. La puissance de leur corps, leur posture longuement élaborée, la complexité étourdissante et fine de leurs ramifications, la délicatesse de leurs feuilles. Des danseurs dans une posture stable, développant leur infime mouvement commencé il y a bien longtemps. Je sens qu'ils racontent une histoire à travers leur gestuelle, ample et majestueuse, raffinée. A moi d'être attentif, à l'écoute, de me rendre capable d'être un interlocuteur digne de leur propos et de leur art.

Je me risque à explorer le temps et l'espace, j'imagine la lignée dont ils sont issus, j'évoque leurs lointains cousins dispersés sur la Terre depuis l'aube des temps.

Leur sérénité me gagne, ils m'ont accepté auprès d'eux, n'attendant de moi que ce silence propice au véritable échange, au rétablissement d'un lien fondamental et pourtant si fragile entre eux et moi, entre eux et nous. Leur noblesse est incontestable, leur bienveillance est manifeste. Il me vient encore une fois cette intention, cette envie de savoir rester fidèle à ce lien.

J'ai appris que cet endroit a été conçu par Monsieur Tadashi Kawamata comme un espace de méditation. Il est en effet là, offert aux humains affolés, courant tête baissée et les yeux fermés, divaguant au gré de rebonds hasardeux sans le moindre discernement. Quelques planches assemblées, invitant à un suspens au pied des plus sages créatures qui soient. Mais, au fait, c'est quoi une méditation ?

Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.
Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.
Tadashi Kawamata, invitation sous les cèdres.

Vingt novembre

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Venue d'outre continent, venue de l'aube des temps,

la pluie tombe, douce, silencieuse,

calme, apaisante.

Des gouttes font halte sur la branche,

tombent, larme à larme,

puis rejoignent le sol

qu'elles ensemencent de vie.

Venue d'outre continent, venue de l'aube des temps,

la pluie tombe, douce et silencieuse,

sans intention de renoncer.

Un passant

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Un passant
"Le chemin de la vie" (sur le parcours du Vent des Forêts en Meuse)

"Le chemin de la vie" (sur le parcours du Vent des Forêts en Meuse)

J'aime me promener. Je passe beaucoup de temps à flâner. La flânerie est peut-être mon activité favorite ou simplement la plus fréquente. Qu'est-ce que je fais dans la vie ? Je flâne, je suis un passant.

Je me laisse porter par ce qui se présente, les paysages, les lieux, les silhouettes, les formes, les visages, les images, les sons, les bruissements, les chuchotements, les effluves, les parfums, les ombres, les éclats de lumière. Je suis une plaque sensible. Cela n'a rien de confortable (ni d'admirable !). Mais je m'y trouve bien dans cette flânerie. Mon esprit vagabonde aussi, mais ça, personne n'est censé le savoir.

Je suis le fruit d'une hybridation entre un escargot et un papillon, je ne pèse pas lourd. J'aime particulièrement les chemins de traverse, les petits ruisseaux, les artistes "mineurs" ou peu connus, les petits détails, les saveurs délicates, les voiles légers, les hésitations, les esquisses. Et c'est ainsi qu'il m'arrive de me retrouver dans des endroits dont je sens qu'ils sont enchantés. Parmi eux se trouvent, par exemple, la forêt d'Argonne, le domaine de Chaumont-sur-Loire, le clos d'Orsans. Il y en a bien sûr beaucoup d'autres. Ce peut être un jardin comme celui de Pange en Moselle, un lieu modeste comme la vallée de l'Aire entre Varennes et Grandpré, un sentier comme le " sentier des morts " dans les contreforts du Mont-Aigoual, le grand sud marocain, un grenier, un lieu précis dans telle forêt, un bord de fossé, un arbre, un coin dans une ville, ce peut-être un lieu désert, abandonné, à l'écart, une friche.

Il y a des enchantements durables, d'autres non. Ce n'est parfois qu'un instant plus ou moins fugace ou volatil, il n'en a pas moins de valeur. Tous flânent dans mon esprit, je les y accueille et recherche leur compagnie.

Argonne , octobre 2015

Argonne , octobre 2015

Un passant
Un passant
Un passant
Un passant
Un passant

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